mardi 22 janvier 2013

Maison Larsson // micromusée


séjour de la Maison Larsson, via Visitsweden

A la fin du XIXe siècle, prolongeant la famille victorienne et le style Arts & Crafts, les Larsson inventent la famille moderne dans le creuset du Romantisme, se faisant une petite place bien à eux entre l'excentricité bourgeoise du "Dandy" et la marginalité prolétaire de l'anarchiste. Pays de "la vie de Bohème", la France fait rêver les artistes suédois qui viennent à Grez-sur-Loing pour y chercher une vie libre où la nature fait motif. C'est ici que Carl Larsson rencontre Karin Bergöö. En 1888, ils retournent au pays et s'installent à Sundborn - près de Falun, au centre de la Suède - ; ils y aménagent une maison de rêve qui devient à la fois leur résidence principale et leur travail. Madame à la déco, Monsieur au dessin, les Larsson fabriquent ainsi un remède contre la noirceur romantique, un antidote à Edvard Munch ! Dans l'ouvrage Notre maison (1894), en "illustrant"  la beauté d'un revival sans lieu ni âge (mais aussi très Gustavien), Carl Larsson montre un bonheur retrouvé, remet en valeur un artisanat do-it-yourself et s'oppose ainsi à la mécanisation en poursuivant le travail de William Morris. Il lutte contre le réel, imagine une famille idéale vivant dans un confort plus populaire que bourgeois, plus rustique que précieux, plus traditionnel que novateur, et surtout plus libre que convenu. Attention, tout est relatif, il y a encore la sacralité de la chambre de Monsieur et surtout la "nursery" où Madame dort aux côtés de ses petites filles... Paradoxe plus subtil, les aquarelles de Carl Larsson doivent leur originalité - la simplicité des lignes et des couleurs - à leur destination : une reproduction mécanisée pour être diffusées à grande échelle ! Il y a une hybridation cachée dans cette oeuvre où la vérité intime et naturelle ne l'est absolument pas. Comme pour rappeler cette vieille évidence : l'image n'est pas la chose.

At the end of the nineteenth century, extended Victorian family and Arts & Crafts, the Larssons invented a modern family in the crucible of Romanticism, between originality of "Dandy" and anarchist marginality. Countries of "the bohemian life", France therefore dream Swedish artists who come to Grez-sur-Loing to seek a life of freedom with a natural motif. It's here that Carl Larsson Karin Bergöö meeting. In 1888, they returned to the country and settled in Sundborn - near Falun in central Sweden - and they will settle a particular dream home becomes both their primary residence and work. Lady at the decor, to Mister drawing, the Larssons make a remedy against the dark romantic, an antidote to Edvard Munch! In the book Our house (1894), showing the beauty of a revival without place or age, Carl Larsson draws happiness, presents worth a craft DIY to oppose mechanization. His images are fighting against the real, imagine an ideal family living in comfort more popular than bourgeois, more rustic than precious, more traditional than innovative, especially freer agreed. But it's relative, there is still room the sacredness of Mr and especially the "nursery" where Mrs. sleeping alongside her little girls ... A greater paradox, watercolors by Carl Larsson owe their style - simple lines and colors - at a large-scale reproduction print! Carl Larsson drawings are widely distributed in the Scandinavian countries and in Germany more ... There is therefore a lie in this work - the intimate and natural truth is not - a rather obvious : the image is not the thing!

dimanche 13 janvier 2013

Jacques Hitier // Cube Rouge



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Exposition jusque fin février à la galerie Le Cube Rouge - Deux adresses : galerie au 11 rue Lalande, 75014 Paris (à 11 mètres de la rue Daguerre Métro Denfert Rochereau) et exposition dans l'annexe, 11 rue Ernest Cresson.

Exhibition, until the end of February, at "Le Cube Rouge" - Two addresses: the gallery; at 11 rue Lalande, 75014 Paris (Métro Denfert Rochereau) and exposure in the showroom, 11 rue Ernest Cresson.


jeudi 3 janvier 2013

Albert Ducrot // table "Révélation"



La table portefeuille "Révélation" est crée en 1952 sous le nom de "Magic". Brevetée en 1953, c'est l'un des rares meubles de cette période à être édité en grande série. Elle cumule les atouts : robustesse incontestable, gain de place évident grâce à son système dépliant et réhaussable. Il en existe de nombreux modèles adaptés aux différents goûts des clients avec, chose rare pour un produit industriel, une gamme moderne (ligne "junior"). Son créateur est Albert Ducrot (1900-1964), directeur de l'entreprise Ducal. Tapissier de formation, il s'installe dans le Faubourg Saint Antoine en 1923 puis il va reprendre l'industrie familiale de fabrique de siège. Cossu, souvent historicisant, rustique et parfois même froufrouteux, le style Ducal reste marqué par le Paris des Années folles mais son génie réside dans les systèmes de transformation que le directeur de la marque met au point avec l'aide d'un mécanicien, ajusteur et serrurier, ancien ouvrier des usines Renault, Monsieur Chauvin (voir ducal.info). Singulier mélange entre le délicat confort du tapissier-décorateur et la brutalité mécanique de l'automobile, le paradoxe des "systèmes" devient le symbole même de la marque. Ducal redessine et rebaptise le fauteuil Morris ("Bang"), la table portefeuille ("Révélation") et la fameuse banquette-lit ("Merveille") qui est éditée en centaines de milliers d'exemplaires ! Avec des noms qui frappent, connus pour être solides et intelligents, les meubles Ducal sont les vedettes des années 1950...

The transformable table "Revelation" was created in 1952 under the name "Magic". Patented in 1953, this is one of the few furniture of this period to be published in mass. It combines the advantages: robustness indisputable, obvious space saving thanks to its brochure and Raisable. There are many models to suit different tastes of customers, a rarity for an industrial product, a modern range (line "junior"). Its creator is Ducrot Albert (1900-1964), director of the company Ducal. Upholsterer training, he settled in the Faubourg Saint Antoine in 1923 then it will resume cottage industry factory seat. Cossu, often historicizing, rustic and even froufrouteux the Ducal style is marked by the Paris of the Golden Twenties, but his genius lies in processing systems as the director of the brand develops with the help of a mechanic, with a worker formed in Renault car factory. Unique mix of delicate comfort upholsterer decoration and brutality mechanical automobile, the paradox of "systems" becomes a symbol of the brand. Redesigned and renamed the ducal chair Morris ("Bang"), the holding table ("Revelation") and the famous sofa bed ("Wonder") is published in hundreds of thousands of copies! With names that strike, known to be strong and intelligent, the Ducal furniture are featured during the 1950's ...