lundi 30 septembre 2013

Ceci n'est pas... // mais qu'est-ce ?




Ils sont beaux, riches, célèbres, mais ils ont un petit défaut aux yeux de cerains : on me demande souvent "s'ils-sont-de ?" et je dois dire - plus ou moins diplomatiquement - que, malheureusement, non. Ce sont les fruits de créateurs oubliés que nous amalgamons aux grands noms car nous aimons nous simplifier la vie, nous raccrocher à quelque chose, juste un nom, au moins une date, parfois un lieu. Ne jetons la pierre à personne car nous avons tous fait l'erreur. D'où vient cette erreur ? C'est la bonne question. Notons déjà des liens : un meuble relativement commun avec un effet stylistique puissant, disons plus visible et moins rare que leur référent (car ils sont souvent plus récents). L'ayant donc en mémoire, on est heureux de pouvoir y accoler un nom. La niche étant prête, vient ensuite une mauvaise légende ou une attribution un peu rapide dans une vente. Après, c'est l'effet jurisprudence. Le bug est absorbé. Pour ces meubles, c'est la flambée des prix, les acheteurs en cherchent, les vendeurs en trouvent, les rabatteurs en chassent et l'erreur se diffuse dans le vaste univers de nos préjugés collectifs, aujourd'hui nommé Web ! Mais, voilà, ceci ne nous en dit pas plus sur les inventeurs de ces meubles. Allez, il y a des réponses ci-dessous, et je compte sur vous pour me signaler d'autres belles fausses pistes. Car ils sont beaux, ces meubles, même s'ils ne sont pas de...

dimanche 1 septembre 2013

Paolozzi et Guermonprez // reconstruction lyrique


Paolozzi revient souvent chez mes correspondants. Des messages sur placedelours en 2011 où les images circulent plus que les analyses. Puis des messages sur mon mail. Le premier est de Joël en 2012 (un bureau était en vente chez 1stDibs), et voici le dernier avec une  photographie prise chez Edy, grand amateur des années 1950 (il est facile de le remarquer). Je laisse le soin à chacun d'identifier céramiques et luminaires car la question porte aujourd'hui sur Louis Paolozzi dont le nom et les créations se confondent avec Gérard Guermonprez. Les deux designers s'intègrent bien au "style reconstruction" par leur qualité, leur mode de production, les matériaux et les finitions, tout en ayant leurs qualités propres dont la plus remarquable consiste à accentuer les contrastes de bois pour souligner une structure aux accents lyriques "à l'italienne" même si elle reste "rationnelle". Ils inventent ainsi un effet visuel photogénique nouveau pour le mobilier en bois, une marque stylistique très puissante qui leur permet d'être encore bien présent après la crise de 1955, alors qu'en France le classicisme du mobilier en bois est assimilé à la pauvreté du "social" et que la tendance est dominée par le baroquisme néo-moderne des "jeunes loups" endoctrinés par Knoll. Plus tardifs et donc plus aisés à chiner que les anciens maîtres de la Reconstruction, Guermonprez et Paolozzi sont de plus en plus présents dans les galeries de design historique (Chicplastic tente en ce moment même de vendre un fauteuil sur ebay...). Bien entendu, on préfère par instinct Paolozzi, moins connu, plus poussé dans le style, plus photogénique encore, mais il reste largement dans l'oubli : qui est-il ? D'où vient-t'ils ? Sa relation avec Guermonprez ? Paolozzi est-t'il en famille avec le célèbre artiste Eduardo Paolozzi qui est passé à Paris ? Ci dessous, rétrospective de l'aventure de Louis Paolozzi, apparaissant en 1952 chez "Godfrid", se démultipliant après le concours du C.T.B. en 1954 puis prolongeant sa carrière avec les incontournables sièges ZOL.