lundi 23 juin 2014

Exposition 2014 // Habitat provisoire 01


Samedi 28 juin à 17h30, chaque lecteur de ce blog est cordialement invité à l'inauguration d'une nouvelle exposition consacrée à l'habitat provisoire (deux ans après l'Exposition 2012 // Habitat d'urgence). Un moment important car l'Atelier Perret accueille les premiers éléments d'un baraquement MRU (type 534.10) reconstitué. Le choix du module s'est porté sur la version la plus large (éléments de 120 x 240 x 12 cm) avec des blocs spécifiques (trois "fenêtres" et une "porte"), le tout réalisé en deux semaines dans l'Atelier de notre ami constructeur Denis Bréault pour un coût de 8.000 euros (3.000 bois + 1.000 huisseries + 1.000 transport et petit matériel + 3.000 en main d'oeuvre). Cette dépense représente les deux-tiers de la façade, soit le cinquième du prix total en considérant le plancher, la toiture et les fermes. Ces chiffres indiquent que ce prototype de 65m2 revient aujourd'hui à 40.000 euros sans équipement... Le provisoire ne coûte donc pas si cher sachant qu'il peut durer très longtemps puisque les modèles de 1945 tiendraient encore tous debout s'ils avaient été mieux "traités", notamment contre le feu. Ajoutons que la reconstitution est légèrement plus grande mais surtout plus solide, mieux isolée et faite pour être montée/démontée (comme pour une yourte, il n'y a donc pas besoin de permis de construire). Bref, le rêve : maison neuve à moins de 50.000 euros, écolo-déplaçable, bricolo-artisanale : mais qu'attends-t'on pour agir ?

Saturday, June 28 at 17:30, every reader of this blog is cordially invited to the opening of a new exhibition devoted to the temporary habitat (two years after a first exhibition). An important moment for the Atelier Perret hosted the first elements of a restored MRU house's (534.10 Type). The choice of module is focused on the larger version (120 meters x 240 x 12 cm) with specific blocks (three "windows" and a "door"), all made ​​in two weeks in the "atelier" of our friend Denis Breault - manufacturer at a cost of 8,000 euros (3,000 wood + 1,000 frames + 1.000 transport and small equipment + 3,000 in labor). This expense represents two-thirds of the facade, the fifth of the total price considering the floor, the roof and farms. These figures indicate that this prototype is now up to 65m2 40,000 euros without equipment ... The draft does not cost so much knowing that it can last a very long time since the 1945 models would take all still standing if they had been better "treated", especially against fire. Adding that the reconstruction is slightly larger but also stronger, better insulated and made to be mounted / dismounted (as a yurt, so there is not need permission). In short, the dream of new home for less than 50,000 euros, eco-movable-handyman...

mardi 10 juin 2014

Antoinette Poisson // René Gabriel

http://www.antoinettepoisson.com/
© photo : Sandro di Carlo Darsa, extraite de http://www.antoinettepoisson.com/

Au début de sa carrière, René Gabriel réinvente un métier. L'histoire nous est racontée dans un numéro de la revue Art et Décoration daté de janvier 1927 : ""C'est de l'esprit de révolte, c'est d'une volonté de réaction que naquit le premier papier peint dessiné par René Gabriel. Esprit d'amour aussi, amour du ton pur, de la fraîcheur, de l'équilibre, du style. Et l'un des premiers, dans la petite chambre qu'il occupait rue de Bourgogne, en 1916, le tout jeune artiste commença, sans argent, sans soutien, sans organisation ni connaissance commerciale, de dessiner et d'imprimer un premier papier peint, puis un second, puis un troisième. La Foire de Paris allait ouvrir ses portes. René Gabriel y tient boutique. Et tout de suite, cela plaît. Il y a de la demande." Il se réinvente aussi une histoire, celle d'un singulier personnage exerçant le métier de dominotier. Tiré d'un passé proto-industriel, ce travail désigne l'impression sur "dominos" au XVIIIème siècle (42 x 33 cm) avant de s'étendre à la fabrication du papier peint à la planche, par raccord des motifs imprimés sur "lés". Plus proche de William Morris qu'on veut l'admettre, la mode des néo-artisans revient aujourd’hui. Alors qu'une fois de plus l'industrie nous pousse vers une terrifiante dictature globale, alors que l'on étouffe sous le réchauffement d’une modernité désuète singeant les Golden Sixties, l'intelligence semble poindre chez de jeunes créateurs. Il n’est pas étonnant de voir qu’un autre dominotier est né. Son nom ? Antoinette Poisson. Certes, la modestie franciscaine du petit artisan qu'adoptait René Gabriel n'y est plus car le néo-artisan doit se présenter avec les manières d’aujourd’hui. Mais le principe reste le même. Tout à l’opposé de la débauche de moyens du faux-luxe produit par des robots, l’économie des gestes du dominotier rouvre la porte d’une création à peu de frais qui va reprendre force en rapprochant le créateur et la matière, en renouant avec les gestes, avec les corps. Souhaitons qu'à l'image de René Gabriel, Antoinette Poisson fasse ainsi renaître une autre technique de production démocratique ! Pour mémoire, voici ci-dessous les illustrations de l’article de 1927, avec l’outillage qui permit à René Gabriel de produire des papiers par milliers...

Starting his career , René Gabriel reinvents a trade. The story is told in a number of the magazine Art et Décoration dated January 1927 : " It is the spirit of revolt, it is a desire that the first reaction wallpaper designed by René was born Gabriel . Spirit of love also love pure tone , freshness , balance , style . And -one of the first- in the small room he occupied rue de Bourgogne , in 1916, began the fledgling artist , no money, no support, no organization or business knowledge to design and print a first wallpaper , then a second and then a third . Paris Fair was opened. René Gabriel y has a shop . And right now, it pleases . There is demand. " He then reinvents a story, that of a singular character exerting work dominotier a forgotten art, derived from a pre-industrial past that he wants to revitalize . Later William Morris and less aware of its origins , neocraftsman back today. So once more the industry pushes us towards a terrifying global dictatorship , while demography makes us fall in a collective senility, while the warming an outdated modernity drawn from the memory of the Golden Sixties we suffer , intelligence seems to be emerging among young designers It is not surprising to see another dominotier His name was born . . Antoinette Poisson true . Franciscan modesty of René Gabriel is no longer there because the neocraftsman must present valuable ways today . But the principle remains the same. Just opposite debauchery means of false luxury product by robots. The economy of dominotier gestures reopens the door of a creation inexpensively who will take power by bringing the creator and matter, reconnecting with gestures, with body. Hope that, like René Gabriel , Antoinette Poisson and do another technique reborn democratic Production ! For the record, below, here are the illustrations of the 1927 article , with the tools that allowed René Gabriel produce lès thousands, and his drawings ... without the bright colors of the dominoterie ...

lundi 2 juin 2014

premier faux Gascoin // DIY on E-BAY

Le premier faux gascoin en ce moment ici sur ebay

Pour les amateurs-traders abonnés à Capital et à la Cote du design, Marcel Gascoin est un bon placement, de ceux qui montent. Investir dans "du Gascoin", c'est disposer d'une valeur plus dynamique que la pierre tout en étant incontestablement plus transportable et plus facile à vendre... N'ironisons pas sur le drame de l'immobilier. Ne nous moquons pas non plus des "petits porteurs" car on ne peut pas demander à tout le monde d'aimer uniquement la beauté en ignorant la part vénale. Quoi qu'on en dise, la valeur financière ne se méprise pas et permet aussi de quantifier l'intérêt collectif. Donc, Gascoin n'est plus oublié ! Souvenons-nous. Il y a une douzaine d'années, on trouvait le petit tabouret "Trèfle" pour rien, il circulait dans les brocantes, trocs, puces... Mais tout change : en 2002, Patrick Favardin en parle dans ses Décorateurs des années 1950 ; en 2006, il est dans l'Appartement témoin Perret ; en 2010, Guillemette Delaporte publie une monographie chez Norma ; en 2011, une seconde est éditée chez Piqop. Les dégâts sont limités mais les prix évoluent après chaque évènement : 100, 200, 300... Depuis, les professionnels ne l'ignorent plus, certains galeristes se spécialisent dans le "style reconstruction". Gascoin est devenu googlisable mais, comme ce mobilier reste rare (car il équipait peu les collectivités et se vendait surtout à des "classes moyennes" dépourvues du sens de la conservation), l'offre et la demande se rééquilibrent en poussant les prix à s'envoler. Aujourd'hui, il faut se lever tôt pour chiner le tabouret Trèfle dont des modèles douteux partent à quatre cents euros sur ebay, d'autres encore un peu plus chers chez les petits antiquaires, mais, pour en avoir un certifié Gascoin chez un galeriste, il faut désormais compter autour de mille euros... Autre conséquence d'une trop grande pression de la demande relativement à l'offre, le premier faux de qualité vient de naître : il est vraiment très beau (trop) et, surtout, c'est un moment historique !