vendredi 2 janvier 2015

Auguste Perret // Reconstruction de Mulhouse


Merci à Sandrine et Hervé pour cette découverte : voici Le Havre ! Mais il y a vingt ans, avant la mode, bien avant la protection patrimoniale, avant même l'existence d'une charte paysagère... Nous sommes ici à Mulhouse, dans un quartier encore peu considéré par ses habitants bien qu'il soit en plein centre ville et dans l'une des architectures les plus élégantes du XXe siècle. Oui, c'est bien signé par Auguste Perret avec sa "marque" dans l'urbanisme, dans l'architecture ainsi que dans tous les détails de construction : son béton grésé, bouchardé, lavé avec ses gravillons en grès rose, en quartzite et en calcaire blanc ; ce sont aussi ses ferronneries, huisseries, corniches, claustras ; tout y est car, en 1950, il obtient un contrat de "conseiller technique pour la reconstruction de Mulhouse" (cf. cité de l'architecture) et d'ingénieur. Il influence donc très fortement les architectes chargés du "carrefour de Bâle", Pierre Lauga (ici sur archipostcard) et Daniel Girardet dans l'urbanisme, Henri Perrin et R. Schmitt dans les opérations. Tout y est superbe et surtout "dans son jus", sans le moindre ravalement ! Un bon support pour se sensibiliser à l'architecture du Mouvement moderne en n'ignorant surtout pas que Mulhouse a ses chances dans ce domaine puisqu'elle est située à une demi-heure du Vitra Design Museum et à peine plus de la Fondation Beyeler. Ci-dessous, une promenade avec une vingtaine de photographies suivant l'itinéraire recommandé : depuis la gare, passez devant le "bâtiment annulaire" heureusement déjà célèbre, remontez un peu la rue du Sauvage pour ensuite redescendre et filer à l'est du boulevard Clemenceau, finir par la rue Poincaré pour enfin revenir vers la gare en passant par la rue du Havre ! Tiens, un appartement à louer ? Non, vraiment, quand tout converge à ce point, il n'y a plus de coïncidence possible...

Thank you to Sandrine and Herve for this discovery: Here, Le Havre! But twenty years ago, before fashion, before the world heritage, even before the existence of a landscape protection charter ... We are here in Mulhouse, in an area still considered horrible by its inhabitants although this is one of the most elegant architecture of the twentieth century. Yes, this part of the city center is signed by Auguste Perret with his "brand" in urban planning, architecture and in all construction details: its concrete, bushhammered, washed gravel with pink sandstone, quartzite and white limestone; they are also its ironwork, door frames, cornices, trellises; everything is because, in 1950, Perret obtained a contract for "technical adviser for the reconstruction of Mulhouse" and engineer. He very strongly influences the architects in charge of the "crossroads of Basel," (see archipostcard blog) Pierre Lauga and Daniel Girardet in urban planning, Henri Perrin and R. Schmitt in operations. Everything is beautiful and especially "in its own juice", without any facelift! Good support to raise awareness of the Modern Movement in architecture especially not knowing that Mulhouse has a chance in this area since it is located a half hour from the Vitra Design Museum and just over the Beyeler Fondation. Below, a walk with a score of photographs along the recommended route: from the station, go to the "ring building" Fortunately already famous, go up the street a bit and then go down the Wild and spinning Eastern Boulevard Clemenceau, ending with the Poincaré Street to finally get back to the station through the streets of Le Havre! Here, an apartment for rent? No, really, when everything converges to this point, there is no possible coincidence ...

jeudi 1 janvier 2015

Boncoin.fr // nouveaux arrivages



(message posté le 1er août 2014 réactualisé) parmi les millions de photographies en ligne sur leboncoin.fr, il y a tout ça ! Cependant, les yeux qui surveillent ces annonces sont légions et les plus incroyables trouvailles disparaissent vite... Et Hop ! C'est ainsi que le tableau de chasse s'assimile à une compulsion collective, faisant se toucher la préciosité et la vulgarité (meubles d'urgence // René Gabriel 1/2). Cependant, contrairement à la complexité demandée quand il s'agit d'aimer la banalité, la quète du rare et du précieux est évidente pour tout le monde : la beauté - à l'instar de la bonté - est la norme la mieux partagée. Nous aimons tous jouer à la chasse au trésor... Heureusement, pour balayer cette évidence, Wikipedia cite Jacques Le Goff dans la rubrique Leboncoin.fr et ouvre une amusante dimension anarco-médiévale : "D'une certaine façon, leboncoin.fr est au XXIe siècle ce que la foire était au Moyen Âge. À cette époque, il n'y avait pas tellement de boutiques, ni en ville ni à la campagne. Le grand centre où les gens se procuraient de tout, c'était les foires. J'analyse plutôt l'essor du Bon Coin comme une expression de la « débrouillardise » française. C'est cet état d'esprit qui a attiré un nombre incalculable de gens vers Paris très tôt. Le site démocratise l'acquisition de produits dont une grande partie du prix peut être liée aux intermédiaires. Il propose un retour à la vie de qualité médiévale, avec convivialité et entraide. Il apparaît également très efficace sur le marché de l'immobilier, de l'automobile et de l'emploi, ce dernier point étant particulièrement important actuellement." Ajoutons un nouveau marché de l'art où chacun devra apprendre à être son propre expert, à exprimer son goût ! En attendant, voici des trésors photographiques où le préciosité est banalisée.

Among millions of photographs online in leboncoin.fr, there all! However, eyes that monitor these ads are legion and most amazing finds disappear quickly ... And Hop! Thus the table hunting is assimilated to a collective compulsion, by touching the preciousness and vulgarity (emergency furniture // René Gabriel 1/2). However, unlike the complexity required when it comes to love banality, the quest of rare and precious is obvious to everyone: the beauty - like kindness - is the best shared standard. We all like to play treasure hunt ... Fortunately, to sweep this evidence, Wikipedia.fr cites Jacques Le Goff in the section Leboncoin.fr and opens a fun anarcho-medieval dimension: "In a way, is leboncoin.fr the twenty-first century that the fair was in the Middle Ages. At that time, there were not so many shops or in town or in the countryside. The large center where people of every procured was fairs . I analyze rather the rise of Bon Coin as an expression of "resourcefulness" French. It is this spirit that has attracted countless people to Paris early. The site democratizes product acquisition a large part of the price can be linked to intermediaries. It offers a return to the medieval quality of life, with warmth and support. It also appears very effective in the real estate market, automotive and employment This latter point is particularly important now. " Add a new art market where everyone must learn to be his own expert to express his taste! Meanwhile, here's photographic treasures where the preciousness become commonplace.

Das Vitrahaus Ist // exposition noël 2014


En octobre 2014, M le magazine du Monde titrait "L'appel de la forêt" afin d'évoquer le retour du bois dans le design. D'un coté, j'ai découvert l'Atelier BUD, 100% chêne massif made in Normandie (sur Facebook), beau-utile-durable et pas cher. Nous y reviendrons. De l'autre, il fallait approfondir en visitant l'exposition Aalto, poussant vers l'Est jusqu'au Vitra, près de Bâle. Dans ce campus Vitra, tous les bâtiments sont "signés" par des starchitectes : le musée du design de Frank Gerhy (1986/1989), le pavillon de conférence de Tadao Ando (1993), une usine de Nicholas Grimshaw (1981-1983), deux autres d'Alvaro Siza (1994) et de SANAA (Sejima And Nishizawa And Associate, 2012), un pôle incendie de Zaha Hadid (1993), une promenade d'Alvaro Siza (2014), une tour toboggan de Carsten Höller (2014), une station d'essence de Jean Prouvé (1953), un dôme géodésique réédité de Richard Buckminster (1975), une maison Diogène de Renzo Piano (2013). Dans ce parc d'attraction pour adultes consentants à la libido architecturale surgonflée, nous entrons dans Das Vitrahaus (Herzog & de Meuron, 2010) qui sert d'écrin aux joyaux du design mondial réédités par la célèbre marque. C'est Noël, et c'est toujours Noël ici, car chacun trouve son bonheur à l'intérieur de ce qu'il faut bien nommer le temple de la consommation chic. S'y rencontrent de jeunes étudiants souhaitant voir de près des monuments (que leurs enseignants mettent sur un piédestal) et toute la bonne société (sachant ce qu'il faut avoir chez soi). Ce n'est pas le bas peuple qui s'adonne ici à l'individualisme possessif. Le paradoxe est tout de même violent entre ce consumérisme et l'esprit protestant d'Alvar Aalto, le calvinisme de Le Corbusier ou le catholicisme social de Jean Prouvé... J'aurais aimé un souvenir à un prix digne de René Gabriel : cent euros maxi. Mais rien, bredouille, pas même un branlant tabouret S60. Où est cette industrie qui devait mettre la machine au service de l'art et du peuple ? Voici ce qui manque encore à Vitra : ça viendra.