jeudi 26 novembre 2015

Micro-musée // journée de conférences

Extrait de "pièces de vie" (Compagnie du Pianb à pouçes, ph. Thomas Malgras VdH, 2010)

Demain s'ouvre une journée de conférences intitulée Micro-musée : interpréter un espace du quotidien. L'accès est libre pour assister à différents exposés qui ont pour objectif de présenter plusieurs célèbres musées où l'architecture domestique est placée dans une démarche patrimoniale dynamique, allant de la reconstitution à l'identique jusqu'à la confrontation au présent, en passant par l'analyse sociale ou la création artistique. Les lieux représentés vont faire rêver tous les amateurs d'architectures modernes et d'autres rêves utopiques : le Familistère de Guise, le Musée d'histoire urbaine et sociale de Suresnes (avec son futur appartement témoin), le Prefab Museum de Londres et les préfabriquées du relogement d'urgence de l'association Mémoire de Soye, près de Lorient, l'association La Première Rue dans la cité radieuse de Le Corbusier à Briey, l'Unité d'habitation de Firminy-Vert et la Fédération des habitants des Unités d'habitation de Le Corbusier, l'exploration ira même jusqu'aux années 1980 avec Nemausus de Jean Nouvel. Il ne manquait que le Musée urbain Tony Garnier à Lyon, l'AMLOP et le tour était presque complet... Ce sera pour une prochaine occasion. Pour l'instant, il s'agit de poser les premières bases : en bref, comment mettre le logement urbain en musée, sans briser tous nos bons vieux rêves ? C'est la question à laquelle doivent répondre les intervenants. Ils présenteront, tour à tour, des sites culturels mettant en scène un ou plusieurs logements significatifs de l'histoire des utopies urbaines, de l'architecture et du design. Les communications concerneront la création d'outils interprétatifs permettant de s'adresser à un public élargi, l'objectif général consistant à poser les bases d'une problématique muséographique commune : trouver des techniques de préservation et de valorisation adaptées aux petits espaces du quotidien qui définissent le "micro-musée". La journée est organisée par le service Unesco-Ville d’art et d’histoire. C'est au Havre, au Musée Malraux (MuMa). Résumés ci-dessous...

Tomorrow opens a conference day entitled Micro-Museum: interpreting an everyday space. Access is free to attend these conferences which aim to present several examples of famous museums where domestic architecture is placed in a dynamic patrimonial approach, from identical reconstruction up to confrontation with present, through social analysis or artistic creation. Places represented the will to dream all lovers of modern architecture and other utopian dreams: Familistère de Guise, garden city of Suresnes (with its show flat), The Prefab Museum in London and a same experience in Lorient, the Cité radieuse of Briey (and a model apartment furnished by Pierre Guariche), the Le Corbusier Federation of the inhabitants of housing units, and an exploration until the 1980s with Jean Nouvel's Nemausus. Only missing Tony Garnier and his modern city ... It will be a next time. Now, these are the foundations: in short, how to put the urban housing inside a museum without breaking all our good old dreams? This is the question that must meet various stakeholders. They will present alternately cultural sites featuring one or more significant housing of urban utopias, modern architecture and design. Communications will concern the creation of interpretative tools to address a wider audience, the general objective of laying the foundations of a common museum problem: finding preservation and valuation techniques suitable for small everyday spaces define "micro-museum". The day is organized by the Unesco department of Le Havre. The event happens in the Malraux Museum (MuMa). Abstracts below ...

vendredi 13 novembre 2015

Poème utile // Liberté

Jean Picart le Doux, Hommage à Paul Éluard, 1952, Musée d'art et d'histoire de St-Denis

Que dire aujourd'hui de l'art utile ? Faut-il répéter les propos d'un enseignant sur Philagora : "Soyez ferme sur ce point ! L'objet d'art est inutile par rapport au besoin et à la morale : l'œuvre belle n'a de fin qu'elle-même. Au contraire, pour l'objet technique, l'utilité en détermine les caractéristiques essentielles". Voilà un philosophe qui n'interroge pas les catégories ! Oublions ces "idiots utiles" qui répètent sans réfléchir. Considérons le poème propagandiste de Paul Éluard, Liberté. Il relate l'instant où l'art se retourne en même temps que l'histoire : de la poésie à la peinture, de l'ameublement à l'architecture, du cinéma à la photographie. Produit de la violence de la Première Guerre mondiale, la folie surréaliste oublie sa lutte contre la civilisation et revient vers le réalisme afin de s'opposer à l'aberration nazie. Réalité et abstraction s'unissent et pénètrent la reconstruction, parfois la résistance. Le plus célèbre exemple de ce changement réside, à mon sens, dans ce poème. Publié une première fois en avril 1942, le texte a été réédité à Londres et parachuté par la Royal Air Force alors que débutent les bombardements stratégiques... Pour se souvenir, il faut écouter l'interprétation a cappella de Francis Poulenc, regarder la tapisserie de Jean Lurçat ou celle, plus tardive, de Jean Picart le Doux. Tapisserie et poésie renaissent aux côtés de Liberté. Les plus radicaux accusent cet " art utile " et revendiquent la supériorité de " l'art pour l'art ", des André Breton aux Benjamin Péret, pour qui la chose ne dépassent pas " la publicité pharmaceutique " ; mêmes accusations contre la Nouvelle Ecole de Paris qui revendique sa part de réalité ; attaques identiques face au mobilier de Gabriel qui cherche une modernité populaire ; idem envers l'architecture d'Auguste Perret qui se dirige vers la banalité. La beauté va d'ici peu s’industrialiser, se démocratiser, afin de lutter contre une haine déjà produite en masse. Ça agace quelques vieux snobs et autres frustrés qui désirent voler l'amour à la jeunesse. Mais le poème Liberté, il ne se lit qu'à voix haute, il s'écoute, il se partage. Il n'est pas seulement pour soi, il est pour tous. Il entrera dans les écoles. La séparation de l'utile et de l'art n'a aucun sens. L'accusation par Breton et sa troupe peut se lire comme l'aveu d'une lâcheté, justifiant l'exil plutôt que le combat. Des millions de morts, des millions de sans-abri. Puis des millions de survivants, des millions de gens à reloger. Alors il n'y a plus de question à se poser : soit on affronte et l'on travaille pour tous, soit on s'éloigne, on s'enferme dans l'entre-soi et l'on se rend coupable.

A historic news was invited by erasing the rest. Loans to heroism, our politicians have changed green to khaki. The worst is to come. Under these conditions, what about the useful art? Should we repeat the words of the philosopher-teacher website named Philagora: "Be firm on this point The art object is useless against the need and morality: the beautiful work did end herself. In contrast, for the technical object, the utility determines its essential character ". That's a philosopher who does not question the categories because it still shudder to think Peguy, Mounier and other cultural leftists fell to the dark side ... Forget those "useful idiots" (said has the first of them) who foolishly repeat the hackneyed about Zola. Consider the poem by Paul Eluard, Liberty. It dates exactly the moment where art turns at the same times as history: from furniture to architecture, painting to poetry, film to photography. That's when the madness born surrealist absurd violence of the WW1, realism merges with fighting against nihilism of fascists and Nazis. Abstraction and realism combine to penetrate the resistance and the reconstruction. In my opinion, the best example of this change is this poem published in April 1942, the text is reprinted in London and dropped by the Royal Air Force when strategic bombing begin ... To remember, we must look the tapestry of Lurçat or, later, that of Jean Picart le Doux. Tapestry and poetry reborn to Freedom sides. That's when some people are beginning to acknowledge this "useful art" and extol the superiority of "art for art's", André Breton to Benjamin Peret, for whom this thing do not exceed "pharmaceutical advertising" ; same charges against the New School of Paris which claims its share of realism; always identical attacks tale Gabriel furniture that seeks a popular modernity; ditto to the architecture of Auguste Perret that goes to banality. Everything is about to industrialize and become democratic, which annoys snobs looking for modernity entirely at their service. But Liberty, it will only reads aloud, you can listen, it looks, it is divided. It is not for itself, but for all. Separating useful and art makes no sense, the accusation by Breton and his band reads like a delusion, hiding evil an admission of cowardice. Millions of dead, millions homeless. Then millions of survivors of millions of people to relocate. So there is no question to ask yourself: is looking at all and it works for everyone, either working for oneself and one is guilty.

mardi 10 novembre 2015

Atelier BUD // Beau - utile - durable

cf. http://www.atelierbud.com/  11, rue Hutant, 27150 Martagny, contact@atelierbud.com 02.32.15.89.15

Citons Camus : " La révolte naît du spectacle de la déraison, devant une condition injuste et incompréhensible. Mais son élan aveugle revendique l'ordre au milieu du chaos et l'unité au cœur même de ce qui fuit et disparaît [...] Il faut donc bien que la révolte tire ses raisons d'elle même, puisqu'elle ne peut les tirer de rien d'autre. Il faut qu'elle consente à s’examiner pour apprendre à se conduire. " Voilà quinze ans que nous étudions la Reconstruction car nous cherchons justement à retrouver une direction, pour fixer un nouveau cap, sortir de la révolte, passer à autre chose. Une fois la folie consumériste oubliée, Nous avons l'espoir de voir renaître la matière dans des objets simples produits en un lieu où chacun se plairait à travailler en faisant du beau, de l'utile, du durable. Alors quel bonheur de voir la trilogie vitruvienne revendiquée par l'Atelier B.U.D. créé l'an dernier. Il fabrique des meubles tout en chêne, " 100% made in Normandie ", devant voyager en péniche entre Le Havre et Paris... Voici un bel exemple pour aborder notre future réindustrialisation, quand nous redécouvrirons la valeur du travail en tant qu'accomplissement chez-soi et non comme système d'exploitation à-distance. B.U.D., c'est un bourgeons parmi ceux qui annoncent le printemps à venir. C'est écologique, économique, robuste, sans énergie grise camouflée, sans transport inutile, sans main d'oeuvre frustrée. Parole à Jean-François Marcheguet : " Au départ, une envie partagée par un groupe d’amis de proposer une initiative pérenne, alternative aux schémas d’exportation du bois français qui prévalent aujourd’hui : par containers, plus de la moitié des chênes et hêtres français exportés, part pour être transformés à l’autre bout du globe et nous être finalement revendue. À l’échelle locale, nous portons une alternative économique engagée, créative, porteuse de sens et de plaisir. Notre projet consiste, entre le Havre et Paris, à articuler les ressources locales et les talents de concepteurs et de menuisiers pour produire des meubles épurés et robustes, livrés par voie fluviale. Raison durable crée du lien entre exploitants forestiers, artisans, designers dans un processus de production et de distribution cohérent. L’atelier de Raison Durable est en capacité de transformer 20 tonnes de chêne massif, en tables, bancs et lits B.U.D, notre première production. Partagez notre démarche, faites nous connaître, parrainez nos produits. " (Spanky few) Avec plaisir ! Voici, ci-dessous, la première collection B.U.D. portant le nom du village "Martagny". Du chêne brut " le moins transformé possible et sans rien d'inutile ", on découvre des meubles lourds et secs, moyennement coûteux, un peu punitifs, évoquant les modèles radicaux pour sinistrés de René Gabriel, ceux de Fabien Vienne (Fabien Vienne // reconstruction éco-radicale) ou les meubles brutalistes de Georges Candilis (cf. Candilis // vente Artcurial).

Fifteen years ago we study the reconstruction because we know this period contains a track economic and social re-borrow, if we want to create a sustainable and durable model compatible with contemporary morals. We hope, past the consumerist madness, restart to see the matter in simple objects produced in a place where everyone is pleased to work making beautiful, useful and sustainable. Firmitas, utilitas and venustas: what a joy to see the Vitruvian trilogy claimed by Atelier BUD created last year. He makes furniture, while oak, 100% made in Normandy, before traveling by boat from Le Havre to Paris ... Here is a good example to address our future reindustrialisation, when we rediscover the value of work as accomplishment and not operating system. BUD is a bud from all those who announce the great spring to come. It's ecological, economical, robust, without energy, without undervalued transportation , without frustrated hand work. Let the floor to Jean-François Marcheget: "At the start of this project, a desire shared by a group of friends to provide a sustainable initiative, an alternative to export diagrams of French wood that prevail today: Containers, more than half of French oak and beech exported, apart to be processed at the other end of the globe and we finally be resold. Locally, we take a committed economic alternative, creative, carrier of meaning and pleasure. Our project consists, between Le Havre and Paris, to articulate local resources and talents of designers and carpenters to produce sleek and sturdy furniture, delivered by river. Sustainable Reason creates the link between loggers, craftsmen and designers in a production process and consistent distribution. The Sustainable Reason workshop is capacity to transform, by the end of September 2014, 20 tons of solid oak, tables, benches and beds BUD, our first production. Share our approach, let us know, sponsor our products." A pleasure! Here, below, the first BUD collection bearing name of the village Martagny," Crude oak as little as possible and transformed without anything unnecessary ", we discover heavy and dry furniture, moderately expensive, evoking some radical models for war victims of René Gabriel or Jacques Dumond, or Vienne, Saguy and Terzian, or - even closer - the brutalist furniture of Georges Candilis (see Candilis // Artcurial sale).